Les causes de la constipation (SII-C)

Par Didier , 24 janvier 2026

Causes de la constipation

Les causes de la constipation dans le cadre du syndrome de l'intestin irritable (SII-C) ne sont pas les même que dans le cas d'affections plus graves, si vous souffrez de constipation chronique, et surtout si celle-ci est accompagnée de douleurs abdominales, parlez en à votre médecin traitant.

La déshydratation chronique

Augmenter le volume de boissons dans une journée ne facilite pas forcément le transit (1), mais la déshydratation chronique est un facteur de constipation (2): dans ce cas rétablir une hydratation suffisante au quotidien sera nécessaire.

Aussi le transport des minéraux (électrolytes) joue un rôle important dans la régulation de la digestion par le côlon (3), un supplément en électrolytes peut donc être efficace pour sortir d’une constipation chronique causée par la déshydratation.

Un péristaltisme lent

Le péristaltisme est le processus physiologique de contraction et de relaxation des muscles lisses du tube digestif, se produisant de manière involontaire, automatique, et faisant avancer les aliments et les liquides à travers le système digestif.

L’ensemble de nos organes digestifs sont tapissés d’un réseau de petits ganglions formant un système nerveux à part entière: la constipation peut avoir une cause neurologique tel que le stress et l’anxiété (4).

A force de se retenir d’aller aux toilettes, il y a un risque que le reflex de défécation soit chroniquement ralenti. Soyez à l’écoute de votre corps. Ce besoin qui ne vous semblait pas urgent pourrait devenir un problème de santé.

Une carence en fibres

L’idée selon laquelle la consommation de fibres est efficace contre la constipation est largement inexacte : en effet selon votre microbiote et le type de fibres ingéré (soluble, insoluble, fermentescible), les symptômes (douleurs abdominales, temps de transit, inconfort) peuvent être accentués, en particulier si suffisamment de fibres sont déjà consommées et que la durée du transit est fortement ralentie (5).

Lorsque les fibres insolubles traversent le côlon intactes, elles accélèrent le transit par leur action irritante. Certaines fibres solubles n’ont aucun effet laxatif : au contraire, les dextrines et autres fibres de blé peuvent ralentir le transit (6) en rendant les selles collantes par l’action de fermentation du microbiote.

Si vous pensiez souffrir d’une intolérance au blé, il s’agit peut être en vérité d’une sensibilité aux fibres de blé (7).

Un déséquilibre du microbiote

L’action du microbiote a une influence indéniable sur la qualité de notre digestion. Une utilisation de probiotiques peut soulager une constipation chronique (12), mais l’effet d’un probiotique quelconque comme seul remède est très incertain.

Le concept de symbiotique intervient alors pour palier ce problème : une combinaison de probiotiques avec des fibres prébiotiques, cette association semble plus pertinente que l’administration d’un probiotique seul (13).

Les effets bénéfiques d’une alimentation équilibrée sur la constipation sont décuplés si elle est associée à une activité physique intense, alors qu’un régime alimentaire ou l’activité physique sont moins déterminants l’un sans l’autre (14).

Les troubles psychologiques

L’anxiété et la dépression sont des troubles psychologiques courants parmi les patients qui souffrent du SII (15), en particulier pour les SII-C et SII-M (16).

D’un point de vue physiologique, notre système nerveux déclenche une réponse hormonale (notamment en sécrétant le cortisol), pour adapter nos fonctions métaboliques face au stress : il s’ensuit une altération des processus digestifs pouvant induire un ralentissement ou une accélération du transit. Ces mécanismes biologiques liés au stress justifient que les symptômes du SII peuvent être réellement amplifiés par des facteurs psychiques (aussi appelé somatisation) (17).

Si il ne fait aucun doute qu’une altération de la réponse au stress est fortement corrélée au syndrome de l’intestin irritable, difficile de savoir objectivement ce qui vient en premier: l’hypothèse d’une relation réciproque dans laquelle les deux s'exacerbent mutuellement est plausible (18).

Une des régulations hormonales ayant un rôle important dans les processus digestif est celle de la sérotonine : en cas de constipation, un déficit de sérotonine peut être en cause (19).

Un métabolisme anormal de la bile

Une partie des acides biliaires (ou « sels biliaires ») sécrétés par notre foie (moins de 5%) (20) rejoignent le côlon, ils y exercent une action laxative naturelle (21). Une altération de notre production de bile peut donc provoquer la constipation.

Sachant cela, une supplémentation en sels biliaires a déjà été testée avec succès pour traiter le SII-C dans une étude clinique (22), en Europe une alternative plus saine peut consister à consommer un supplément naturel, par exemple fibres végétales comme celles de l’artichaut, se lient aux sels biliaires, favorisant leur transport jusqu’au côlon (23). L'excès des feuilles de l'artichaut est aussi continue pour ses propriétés séquestrantes d'acides biliaires.

D'autre part, le « bon » cholestérol favorise la sécrétion de bile (25), ainsi une carence en acides-gras omega-3 peut réduire la production des acides biliaires et contribuer à l’installation d’une constipation chronique.

Fait intéressant : les raisins secs améliorent le temps de transit tout en limitant les traces de bile dans les selles (26), propriété idéale, car les résidus de bile fécales sont potentiellement un facteur inflammatoire (et carcinogène) lorsque le microbiote intestinal est déséquilibré (27).

Enfin, un déséquilibre du microbiote (dysbiose) peut affecter le métabolisme de la bile et contribuer au ralentissement du transit (24).

Une anomalie endocrine

Le système endocrinien sécrète les hormones qui régulent un nombre important de fonctions essentielles dans notre corps.

Une revue scientifique publiée en 2014 dans un journal de gastroentérologie a mis en évidence le rôle de régulation qu’exerce l’hormone PYY sur le transit (28), en stimulant l’absorption des fluides et des électrolytes. Étant donné le rôle de ces fluides dans la motilité intestinale (29), une constipation chronique pourrait survenir lorsque la densité des cellules responsables de cette hormone est trop élevée.

Sources